100 Ans Ban hyères
1 juin 2025
Tout commence au Palyvestre, cette ancienne plaine marécageuse coincée entre la presqu’île de Giens et les Maures. Le 20 octobre 1920, un Hanriot HD.2 piloté par le lieutenant de vaisseau Paul Teste décolle de ce terrain pour réussir le premier appontage français sur le porte-avions Béarn : l’aviation embarquée française vient de naître. Cinq ans plus tard, en 1925, le terrain devient officiellement la base d’aéronautique navale de Hyères.
La base s’impose rapidement comme un bastion de l’aviation embarquée : hydravions d’abord, puis chasseurs destinés aux porte-avions. Occupée puis fermée en 1942, elle est reprise par la Marine en 1944. Les décennies suivantes en font un haut lieu de la chasse embarquée — Corsair, Avenger, Étendard IV — et le berceau de l’école 59S, où les futurs pilotes de chasse faisaient leurs premières armes sur Fouga Zéphyr.
Le tournant arrive dans les années 2000 : Hyères se spécialise dans l’hélicoptère, et la fermeture de la BAN de Saint-Mandrier en 2004 en fait le cœur des flottilles d’hélicoptères embarqués de la façade Méditerranée.
Trois flottilles y sont stationnées : la 31F sur Caïman Marine pour la lutte anti-sous-marine, la 35F sur Dauphin pour le sauvetage en mer et la protection du porte-avions Charles de Gaulle, et la 36F sur Panther pour la lutte antinavire et la surveillance maritime. S’y ajoutent plusieurs pôles d’expertise : le Centre d’expertise hélicoptères, l’École du personnel du pont d’envol (EPPE) et le CEPA/10S, chargé de tester et valider les futurs matériels de l’aéronautique navale.
La BAN tourne 24h/24, 365 jours par an, avec plus de 1 600 personnes dont environ 300 civils. Particularité rare en France, c’est une plateforme mixte : l’aéroport civil de Toulon-Hyères y cohabite avec les activités militaires, avec 350 000 passagers et 24 000 mouvements par an.
Le dimanche 1er juin 2025, la base a ouvert ses portes de 10h00 à 18h30 pour fêter son centième anniversaire, sous le nom d’« Hyères 2025 ». La jauge avait été volontairement limitée à 40 000 spectateurs — contre jusqu’à 70 000 lors de précédentes portes ouvertes — dans une logique de maîtrise écoresponsable, avec 13 parkings relais et des navettes gratuites pour absorber le flux. L’entrée était payante, l’intégralité des bénéfices étant reversée à des œuvres caritatives.
La matinée était consacrée à l’exposition statique : avions anciens et modernes des trois armées, de la Sécurité civile, des forces aériennes de la gendarmerie et des douanes. Les démonstrations en vol démarraient à 13h30 et se prolongeaient jusqu’à 18h30, avec en fond sonore le Bagad de Lann-Bihoué et la Musique de la Marine nationale. Un village aéronautique complétait la journée : associations, artistes, rencontres avec les équipages et découverte des métiers du ciel.
Le plateau militaire réunissait l’essentiel de ce qui vole aujourd’hui sous cocarde. Au programme : Rafale Marine, Hawkeye, Caïman, H160, Panther, Tigre, NH90 TTH et la Patrouille de France, accompagnés de l’équipe de voltige de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Le H160 y tenait une place particulière, en tant que futur hélicoptère interarmées léger de la Marine.
EMPLACEMENT PHOTO 4 — Rafale Marine en démonstration
EMPLACEMENT PHOTO 5 — Voilures tournantes : Caïman, Panther, Dauphin, H160 ou Tigre
EMPLACEMENT PHOTO 6 — Patrouille de France
C’est probablement là que le plateau a le plus impressionné. Corsair, Spitfire, Skyraider, Alouette II et III, Noratlas, Fouga Zéphyr et Morane Paris rappelaient les grandes heures de l’aéronautique française. S’y ajoutaient le Breguet Br.1150 Alizé, le North American T-28, le Morane-Saulnier MS.760, un Falcon, un Douglas DC-3, un Boeing Stearman et même un Blériot XI.
Difficile de faire plus parlant comme résumé d’un siècle : d’un côté un Blériot XI, de l’autre un Rafale Marine, sur le même tarmac.
EMPLACEMENT PHOTO 7 — Avion de collection au statique
EMPLACEMENT PHOTO 8 — Démonstration d’un warbird en vol ( Corsair, Spitfire, Skyraider… )
EMPLACEMENT PHOTO 9 — Le Blériot XI ou l’Alizé
Cent ans après le Hanriot de Paul Teste, la BAN de Hyères reste la plus ancienne base aéronavale française encore en activité. Ce meeting du 1er juin 2025 aura été une occasion rare de photographier au même endroit un siècle entier d’aéronautique navale — et de voir la base s’ouvrir au public le temps d’une journée.
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