CLEMENCEAU 25
30 NOVEMBRE 2024
Le 30 novembre 2024, les photographes présents à Toulon ont pu observer un spectacle rare : le porte-avions Charles de Gaulle mouillé dans la grande rade, en attente de son appareillage pour une mission d’ampleur exceptionnelle, Clemenceau 25.
Le Charles de Gaulle ( R91 ) est l’unique porte-avions de la Marine nationale française, et le seul porte-avions à propulsion nucléaire en service hors des États-Unis. Admis au service actif en 2001, il est basé à Toulon, port d’attache de la Force d’action navale.
Long d’environ 260 mètres et déplaçant près de 42 000 tonnes, il embarque un groupe aérien composé de Rafale Marine, d’avions de guet aérien E-2C Hawkeye et d’hélicoptères. Sa propulsion nucléaire lui confère une autonomie considérable, lui permettant de rester déployé loin de ses bases pendant plusieurs mois sans ravitaillement en carburant. Il constitue, avec son groupe aéronaval ( GAN ) de frégates d’escorte, d’un pétrolier-ravitailleur et d’un sous-marin nucléaire d’attaque, l’un des outils de projection de puissance les plus complets d’Europe.
Clemenceau 25 est le nom donné au déploiement du groupe aéronaval français lancé fin novembre 2024. Il s’agit d’une mission de longue durée, conduisant le Charles de Gaulle et son escorte de la Méditerranée jusqu’à l’océan Indo-Pacifique, en passant par des zones sensibles comme la Méditerranée orientale et la mer Rouge.
Le groupe aéronaval, renforcé au fil de son parcours par des bâtiments de marines alliées ( États-Unis, Italie, Grèce, Maroc, Royaume-Uni, Japon, Australie, entre autres ), a mené plusieurs grands exercices multinationaux, dont Varuna avec la marine indienne et La Pérouse avec les pays riverains de l’archipel indonésien, avant de rejoindre le Pacifique pour opérer aux côtés de la 7e flotte américaine.
Au terme de ses cinq mois de déploiement, la mission aura mobilisé près de 3 000 marins, parcouru environ 40 000 milles nautiques ( l’équivalent de deux tours du monde ) et réalisé plus de 2 500 catapultages.
Concrètement, le porte-avions et son groupe aéronaval avaient plusieurs objectifs : contribuer à la posture de défense et de dissuasion de l’OTAN en Méditerranée, démontrer la liberté de navigation dans des zones où le trafic maritime est menacé ( notamment en mer Rouge, ciblée par les attaques des rebelles houthis ), puis renforcer la coopération de la France avec ses partenaires de la zone Indo-Pacifique à travers une série d’exercices interalliés. Cette mission illustre la capacité de la France à projeter durablement, seule ou avec ses alliés, un outil militaire aéronaval complet loin de ses bases.
Avant d’appareiller pour une mission de cette envergure, le Charles de Gaulle effectue toujours une phase de préparation finale au mouillage dans la grande rade de Toulon. Cette étape permet de finaliser les derniers essais, l’embarquement du groupe aérien et des dernières cargaisons, ainsi que les derniers réglages logistiques avant un départ de plusieurs mois. La rade de Toulon, vaste et abritée, est l’endroit idéal pour ces manœuvres, à l’écart de l’agitation du port militaire lui-même.
C’est aussi à ce moment-là que d’autres bâtiments du groupe aéronaval, se positionnent pour rejoindre la formation.
C’est ainsi que, durant quelques jours fin novembre 2024, le Charles de Gaulle est resté visible au mouillage dans la grande rade de Toulon, offrant aux passionnés et photographes une occasion rare de l’observer et de le photographier de près avant son long périple. Le porte-avions a finalement appareillé de Toulon fin Novembre, direction la Méditerranée puis l’Indo-Pacifique, pour cinq mois de mission qui l’ont mené jusqu’au Japon, avant son retour à son port d’attache fin avril 2025.